Dans un article sur les ventes de disque paru aujourd'hui sur Tech'You (Yahoo.com), on apprend que les ventes de disques baissent de 3,2% "seulement", après des années de chutes vertigineuses depuis 2004 (baisse quasi de 50% du marché).
Les ventes de produits numériques baissent elles-aussi, mais pour la première fois, passant de 77,2 millions d'€ en 2008 à 75,8 millions d'€ en 2009.
Notre bonne vielle galette (plutôt le blinis vu sa taille) n'a donc pas encore donné son dernier souffle et vu le niveau de CA de 2009 - 512 millions d'€ en France, soit 87% du marché français - on peut gager qu'il lui reste encore quelques années.
Difficile tout de même de tirer des conclusion sur les raisons de cette situation : Plus de sorties ? Plus de publicité pour les albums (ou du moins mieux ciblées) ? Meilleur merchandising dans les shops ? Conséquence de l'avant Hadopi ?
Depuis 2 ans que nous évoluons avec iKlax Media dans ce difficile et complexe marché de la musique, la mutation du marché nous parait réelle mais instable et ces chiffres le confirme une nouvelle fois.
Ce qui est certain c'est que de manière générale, la musique a bénéficié d'une exposition médiatique très importante depuis quelques années, beaucoup plus qu'avant.
Entre les plaintes répétées des Majors à propos de la crise profonde du marché, le vote de la loi Hadopi, les offres de "cartes" et "forfaits" musique produites par les opérateurs telecom ou certaines banques et l'explosion du modèle iPod/iPhone/iTunes, nous avons été exposé à une offre diversifiée et pressante.
Je suis certain qu'il y a un lien de cause à effet direct entre cette présence publicitaire, médiatique et étatique, et les chiffres du marché de la musique ne 2009 en France.
Du côté du numérique, le streaming a (eu ?) son heure de gloire et je ne compte plus le nombre de soirées et de fêtes sonorisées grâce à Deezer ... mais via l'offre gratuite.
Le problème reste tle modèle économique à moyen terme.
Beaucoup d'initiatives ont émergé, que ce soit sur le canal d'écoute (streaming) ou sur le mode d'écoute (musique interactive par exemple ;-) ) mais au final, très peu d'élus. Si j'étais même un peu cynique, je dirais que les vrais "faiseurs d'argent" avec la musique reste d'un côté les distributeurs historique de CD ( GMS, FNAC, Virgin et autres), et Apple via iTunes.
Car le constat reste le même chaque année : si l'on est "émergent", seules les offres gratuites marchent dans la durée, alors que les offres payantes sont dominées pas les (le) mastodontes américains.
Situation paradoxale à première vue, il me semble tout de même qu'elle a une logique marketing "classique" : le consommateur reste méfiant envers les offres payantes émanant de petites structures et se tourne plus facilement vers les offres payantes dont "tout le monde parle".
Résultat, il est prêt à découvrir un autre service s'il est gratuit, de manière autonome et parfois isolée, mais s'agglutine avec ses semblables sur les offres payantes massives lui donnant, sans doute, un gage de confiance.
L'effet direct de ce type de comportements est l'adoption d'habitude de consommation. Celle-ci s'avère par la suite difficile à modifier et malheureusement, comme dans beaucoup d'autres secteurs, nos amis d'outre-Atlantique sont très forts à ce petit jeu.
Le CD va-t-il donc conserver une part importante du marché dans les années qui viennent ?
Va-t-on, nous, consommateurs, être capable d'adopter des modes de consommations de musique payante et dématérialisée ?
Va-t-on, nous, acteurs de la filière numérique, être capable de trouver un ou des modèles économiques durables ?
La mutation du marché est en marche mais il faudra être vigilant sur l'évolution du marché d'ici 2 à 3 ans car je rappelle que cette année, ce sont les 2 courbes (CD + numérique) qui ont baissé et plus seulement celle du CD.
Sources : "Vente de disques : une mort différée", publié le 26 janvier 2010 par Hugo Bertrand, Tech'You Blog





